Les shampoings solides et le PH des cheveux

Les shampoings solides et le PH des cheveux

Il me semble primordial d’éclaircir certains points et de vous apporter quelques connaissances pour le bien être de vos cheveux, et même de votre santé globale. Cela m'a pris énormément de temps pour décortiquer le vrai du faux, et voilà mes conclusions.

A l'heure actuelle, l'une des solutions les plus adéquates pour se laver les cheveux sans émettre quelconque déchet, c'est le shampoing solide.

Il faut savoir qu'il existe 2 modes de fabrication différents pour obtenir un shampoing solide : soit par saponification à froid, soit avec des tensioactifs cumulés à d’autres ingrédients, mais dans les 2 cas, cela posera problème à la santé de vos cheveux.

Je vous explique en détail.

1) Les shampoings à base de tensioactifs. 

1. L’impact sur l’environnement

Un tensioactif est un ingrédient qui permet d'assurer la fonction première du shampoing : le lavage, il apporte également un pouvoir moussant. Techniquement, les molécules des tensioactifs se présentent en deux parties : une tête hydrophile (qui a une affinité avec l'eau) et une queue lipophile (qui a une affinité avec les corps gras). Les queues vont se placer en couronnes autour des salissures, formant alors ce qu’on appelle une micelle. Ces micelles vont ensuite être emportées avec l’eau

Plusieurs tensioactifs sont utilisés dans les shampoings solides, et un en particulier : le SCI.

Le Sodium Cocoyl Isethionate (SCI) est sans sulfates, a un bon pouvoir moussant, et laisse (en théorie) les cheveux soyeux.

Jusque-là, cet ingrédient semble à peu près correct, seulement il n'est pas autorisé en référentiel bio par l’organisme Ecocert.

Pourquoi ? Son procédé de fabrication.

Pour fabriquer du SCI (et autres tensioactifs de la même famille), il faut utiliser des produits toxiques pour l’environnement afin de procéder à la synthèse du sodium isethionate et puis procéder à l’estérification des acides gras. On retrouve là-dedans de l’oxyde d’éthylène (toxique, cancérigène et mutagène), de l’ammoniac, du dioxyde de soufre, du bisulfate d’ammonium, de l’acide chlorydrique, etc… (il n’y a pas un mais plusieurs procédés) qui ne sont pas biodégradables ! De plus, la réaction chimique d’éthoxylation se fait avec des températures et des pressions extrêmes.

Le plus commun des procédés pour faire du sodium isethionate :

Hydroxyde de sodium + Dioxyde de souffre => Bisulfite de sodium + Oxyde d’éthylène => Sodium isethionate

Le produit fini n’est pas biodégradable car le SCI ne l’est pas. On le retrouve donc avec l’ensemble des autres tensioactifs dans l’environnement.

De plus, le SCI est toxique pour les organismes aquatiques (l’information se trouve sur les Fiches de Données de Sécurité des fournisseurs).

2. L’impact sur la santé

Le shampoing solide est 2 à 3 fois plus concentré en tensioactif qu’un shampoing liquide (30 à 60% de tensioactifs pour un solide versus 15 à 25% pour un liquide) !

A l’utilisation, il n’est pas possible de le diluer 2 à 3 fois (on frotte le shampoings sur des cheveux mouillés) : on en met donc beaucoup ! Or, un shampoing est un détergent : l’agressivité des tensioactifs est un phénomène dose-dépendant (temps d’exposition et quantité des « stresseurs » = impact sur la peau). Au fil des utilisations, il va devenir irritant pour le cuir chevelu (gratte, pèle…) et va dessécher les cheveux (le tensioactif, même plus doux que votre liquide vaisselle, va devenir irritant). On va avoir des cheveux avec des fourches, secs, cassants (sécheresse de la fibre capillaire)…

Sans compter sur le fait qu’une concentration élevée de tensioactifs va faciliter le passage (transcutané) d’autres produits et substances qui peuvent être problématiques.

Les tensioactifs dont le SCI ont été testés pour la santé humaine, et les résultats ne sont pas bons. Les études n’ont pas encore été assez poussé mais révèlent déjà de mauvais pronostics quant à une utilisation quotidienne sur le long terme, évoquant des effets nocifs sur la santé.

3. Problème d’efficacité

Un shampoing est un produit dont le but est de laver et de traiter le cheveu. Or, si finalement il l’abîme, alors il ne remplit pas son cahier des charges. Si, avant ou après s’être lavé les cheveux, il faut utiliser moultes huiles et produits pour restaurer des cheveux en piteux état, le shampoing est-il vraiment efficace ?

Il me semble paradoxal de proposer un produit comme une solution écologique sachant qu’il participe au problème qu’il prétend résoudre.

2) Les shampoings solides saponifiés à froid

Comme vous le savez, je fabrique des savons et shampoings saponifiés à froid pour ma propre utilisation, et vous partage par ailleurs cette compétence au travers des Ateliers de fabrication de savons et shampoings saponifiés à froid.

J’aime aussi beaucoup ceux de la savonnerie Argasol, que j’utilise en complément des miens (et que je propose aussi à la vente puisque je les trouve top, mes préférés : Rose et Violette).

Ce qui est super lorsque l’on fabrique soi-même ses shampoings saponifiés à froid, c’est :

- que les tensioactifs n’ont pas lieu d’être, pas besoin de cette cochonnerie !

- ultra économique, selon ce que l’on choisit d’y mettre, quelques huiles et voilà un stock pour l’année !

- 100 % ok pour l’environnement, en évitant bien sûr l’ajout phénoménal d’huile essentielle

- 100 % ok pour la santé

- possible d’y ajouter tout ce que l’on souhaite : des huiles végétales, hydrolats, des poudres ayurvédiques, des œufs, du lait, du miel, des argiles, des colorants naturels, et même des plantes séchées…tout ! Je trouve ça ludique et ça laisse place à la créativité, j’adore !

- adapté à nos besoins, on peut modifier les apports pour amener vitalité, brillance, force, souplesse (…) à nos cheveux

Donc, à mon sens, il n’y a (quasi) que des points positifs à fabriquer soi-même ses shampoings selon la méthode de saponification à froid.

Le seul bémol, c’est le PH des shampoings que l’on ne peut pas modifier, et la raison de ce topic.

Aucuns shampoings solides, avec ou sans tensioactifs et peu importe la méthode employée pour les fabriquer, ne sont assez acides pour respecter le PH naturel des cheveux.

Pour des cheveux en bonne santé, sachez que le pH d’un shampoing doit se situer entre 4,5 et 5,5. La chevelure a donc un pH acide.

Un cheveu avec ce pH sera en bonne santé, brillant, souple, soyeux. Le sébum et les autres lipides produits naturellement par le cuir chevelu sont autant de protection pour conserver le pH acide.

Les produits capillaires ont une influence sur le pH naturel de nos cheveux. Si vous choisissez un shampoing au pH neutre ou alcalin, il va s’attaquer à l’acidité des cheveux et dégrader les écailles des cheveux. Ils vont devenir secs, cassants et fourchus. Utiliser un shampoing au pH acide permet de resserrer les écailles et de lisser la fibre capillaire. Vos cheveux seront ainsi préservés et fortifiés.

Pour une chevelure saine et bien hydratée, il faut donc privilégier un shampoing au pH légèrement acide (entre 4 et 6.5), proche de celui des cheveux.

La problématique est qu’en fabriquant son shampoing solide, il est impossible de modifier son PH, ni de le relever. Pour relever le PH d’un produit solide, il faut forcément le faire mousser et donc utiliser de l’eau : celle-ci aura son propre PH, ce qui va fausser le résultat.

J’ai bien essayé de modifier le PH de mes shampoings saponifiés à froid avec de l’acide lactique, avec de l’acide citrique, ou encore avec de l’huile essentielle de citron…cela n’a donné aucun résultat probant.

EN CONCLUSION : comment faire pour laver ses cheveux sans aucun impact sur l’environnement?

Comme évoqué ci-dessus, les shampoings à base de tensioactifs sont, tant pour l’environnement que notre santé, à éviter.

La solution que je préconise est de fabriquer ses shampoings solides saponifiés à froid, et de rincer ensuite les cheveux avec une substance acide diluée à l’eau, pour resserrer l’écaille des cheveux, comme du jus de citron (filtré bien sûr, pour éviter d’avoir de la pulpe dans les cheveux) ou du vinaigre de cidre.

J’alterne également avec des shampoings secs, notamment à base d’argile verte ou de rhassoul, mais le rinçage après shampoing à base de substance acide reste nécessaire.

Pour ma part, comme je mets des fragrances et/ou huiles essentielles dans mes shampoings solides saponifiés à froid, l’odeur prend le dessus sur le vinaigre de cidre.

Si vous n’aimez pas l’odeur du vinaigre et que vos shampoings n’ont pas d’odeur, vous pouvez acheter de l’acide lactique et vous préparer une lotion à pulvériser dans les cheveux, puis rincer abondamment. Par exemple, mélangez 3 gouttes d’acide lactique dans 100ml d’eau ou d’hydrolat, pulvérisez dans vos cheveux, puis rincez.

L’eau froide est aussi à privilégier pour les cheveux.

Il m’arrive tout de même, selon les besoins de mes cheveux, de faire quelques soins aux beurres et huiles végétales (ricin, olive, argan…) mais honnêtement, sauf cas exceptionnels (sel de mer, stress, souci de santé…) ils ne sont vraiment pas nécessaires.

N'hésitez pas pour toute question ou ajout de solution n'ayant pas été mentionnée ici ;)

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